Drapeau du PoherL’aire géographique du POHER est difficile à définir car elle a fortement évolué dans le temps, au fil des conquêtes et des alliances. Le grand pays initial s’est réduit au cours des siècles et n’est plus considéré aujourd’hui que comme la région immédiate de Carhaix, en gros, son canton.

Hubert Guillotel, dans l’ouvrage « La Bretagne des saints et des rois Ve – Xe siècle » aux éditions OUEST-FRANCE Université-1984, p. 212, écrit : « l’évêché de Quimper qui devait coïncider avec le Poher qui, selon nous, correspondait au futur comté de Cornouaille ».

Dans le même ouvrage p. 85, au chapitre « Les premiers Pays », André Chédeville va encore plus loin puisqu’il attribue au Poher une façade maritime sur la Manche : « Le pagus Castelli ou Poucastel est très mal connu sinon par des documents qui ne sont pas antérieurs au XIe siècle. Sans doute doit-il son nom à Carhaix – Ker Ahès – à une époque oú le mot Ker était l’équivalent de castrum ou de castellum. Carhaix est à l’origine du Poher, ou Pou Caer, qui fit ensuite partie du diocèse de Cornouaille, désignant aussi l’archidiaconé qui couvrait tout le nord du diocèse depuis Mûr-de-Bretagne jusqu’à Crozon. Mais il est vraisemblable qu’aux premiers siècles, ce pagus plus restreint en longitude s’étendait plus largement vers le nord où – comme les autres pagi – il avait sa façade maritime. Lorsque les limites diocésaines furent fixées à l’époque carolingienne, le pagus Castelli fut coupé en deux parties qui, en tant que circonscriptions ecclésiastiques, se dilatèrent, l’une dans le diocèse de Quimper comme on vient de l’indiquer, l’autre dans celui de Tréguier. »

Pour Christian Y.M. Kerboul dans « Petite Histoire du Grand-Poher » aux éditions du Pontig – 2000, le Poher correspond au « bassin de Châteaulin », bordé au nord par les Monts d’Arrée et au sud par les Montagnes Noires.

Le Vicomte Frotier de la Messelière dans « LE POHER, Finistère et Côtes-du-Nord » Les Presses Bretonnes – Saint-Brieuc – 1940, définit une aire géographique assez proche de celle de Christian Kerboul en excluant toutefois toute paroisse du Morbihan, alors qu’il est attesté par ailleurs que Le Faouët, par exemple, était en Poher : « Occupant les hautes vallées de l’Aulne et de ses affluents, sur les sommets les plus élevés de la Basse-Bretagne, le Poher s’étend, d’Est en Ouest, sur une cinquantaine de kilomètres, des frontières orientales de Glomel, Rostrenen, Kergrist-Moëlou et Maël-Pestivien dans les Côtes-du-Nord, aux limites occidentales de Châteauneuf-du-Faou, Plounévez-du-Faou, Loqueffret, Brennilis et Botmeur, dans le Finistère, et sur une trentaine de kilomètres, du Nord au Sud, des Monts d’Arrée à ceux de la Montagne Noire et au cours moyen de l’Aulne.

Poher historique

Il faudrait peut-être y rajouter, à l’Est, les territoires de Plounévez-Quintin et de Trémargat, sa trève, détachés au XIIIe siècle de la seigneurie de Quintin et portés par mariage dans la maison de Quelen, et celui de Plouguernével et ses trèves de Bonen et Locmaria-Gaudin. De même, au Sud-Ouest, les paroisses et trèves de Laz, Saint-Goazec et Trégourez, dépendant de la baronnie de Guergorlay, juveignerie de Poher. »