Les premiers pas.

Nous n’entrerons pas dans le détail, mais voici quelques notions et conseils qui vous aideront à commencer votre généalogie.

Un principe de base : Toujours aller du connu vers l’inconnu

Vous avez décidé de vous lancer dans la recherche de vos ancêtres. Dans un premier temps, vous devez rassembler tous les documents qui vous permettront d’engager cette recherche : livrets de famille, papiers militaires, actes notariés (actes de vente, contrats de mariage etc.).

Le but principal est de trouver, pour chaque ancêtre, les 3 actes qui rythment sa vie : naissance, mariage, décès. Vous devrez alors noter, pour chaque acte et chaque individu, outre le nom des parents, tous les renseignements indiqués sur ces actes : parrain, marraine, profession, témoins, lieux-dits etc. Pour réaliser ces premières recherches, vous disposez principalement de deux types de registres :

Les registres d’état-civil qui commencent fin 1792. Ces registres sont tenus en 2 exemplaires par l’officier d’état civil. Vous les trouverez soit en mairie, soit aux archives départementales, soit mis en ligne sur Internet par ces dernières (pour ce qui nous concerne, l’état-civil des Côtes-d’Armor et du Morbihan est en ligne, celui du Finistère devrait commencer à l’être début 2012). Pour accéder aux actes de naissances et de mariages de moins de 75 ans, vous devez prouver votre parenté avec la personne de l’acte demandé. Les actes de décès sont communicables immédiatement.

Si vous demandez un acte en mairie, n’oubliez pas de préciser le prénom et le nom de la personne concernée, le type d’acte et la date exacte et de joindre une enveloppe timbrée à votre adresse pour la réponse. Pour les actes de moins de 75 ans il faut joindre également la preuve de la parenté avec la personne dont vous demandez l’acte (photocopie du livret de famille, carte d’identité etc.)

Tous les dix ans, les actes d’état-civil ont été indexés et les 3 actes classés par ordre alphabétique : ce sont les tables décennales. Elles sont bien pratiques, cela évite de feuilleter l’ensemble des registres, mais attention, certains actes peuvent avoir été omis. Autre piège : il arrive parfois que les renseignements notés sur certains actes soient erronés, notamment la filiation du défunt sur les actes de décès…

Les registres paroissiaux ou registres de catholicité. Vous les trouverez aux archives départementales et dans certaines mairies qui ne les y ont pas déposés. Ces registres étaient tenus par les prêtres. Y sont inscrits les 3 actes : baptêmes, mariages et sépulture d’où leur appellation simplifiée : BMS. Du début des registres jusqu’en 1746, les 3 types d’actes sont inscrits chronologiquement les uns à la suite des autres sur un seul registre annuel. A partir de 1746 les actes de décès sont généralement notés sur un registre distinct.

Plus on remonte dans le temps, moins les registres sont précis, ainsi vous rencontrerez inévitablement des actes de mariages sur lesquels les noms des parents des époux ne sont pas indiqués. Si vous voulez poursuivre leur ascendance, vous devrez alors vous livrer à une véritable enquête généalogique afin de recréer le noyau familial de ce couple, par recoupement avec les parrains et marraines de leurs enfants, les témoins aux décès, les lieux de résidence… Vous devrez procéder de même si certains registres n’existent plus.

Afin de faciliter la recherche, le but principal de toute association généalogique, est de procéder à des relevés systématiques d’actes de ces registres. Ainsi le CGH du POHER a, à ce jour, relevé près de 80% des actes correspondant à son aire géographique, soit plus de 2 millions d’actes. Ces relevés informatisés sont accessibles soit sur sorties « papier » avec classement alphabétique par commune et par type d’acte lors de nos permanences à notre local, soit sur notre base de données sur Internet accessible pour les adhérents via le système GENEABANK.

Généalogie ascendante ou descendante ?

La généalogie ascendante complète consiste à rechercher tous les ancêtres dont vous ou vos enfants êtes issus. Le nombre de ces ancêtres double à chaque génération, ainsi à la 9e génération vous aurez 256 ascendants théoriques et à la 10e, 512. Nous disons bien théoriques car il est possible qu’un ou plusieurs de vos ancêtres soient des enfants naturels nés (généralement) de père inconnu, ces branches s’arrêtent donc naturellement.

Afin de vous y retrouver dans tous ces ancêtres, il est nécessaire de procéder à une numérotation de chaque individu. La plus utilisée est la numérotation Sosa/Stradonitz, du nom de ses inventeurs.

Le principe en est le suivant : vous ou un de vos enfants est le n° 1, appelé aussi « de cujus » (à partir duquel), le père du n° 1 est le n° 2 et la mère le n° 3 et ainsi de suite suivant le schéma suivant :

 Ainsi les hommes ont toujours un n° pair et les femmes un n° impair. Le n° du père est le double de celui du fils. Le premier n° de chaque génération donne le nombre d’individus que comprend cette génération, ainsi, comme on peut le voir sur le tableau ci-dessus, à la 5e génération, il y a 16 individus.

 ● La généalogie descendante consiste, à partir d’un couple d’ancêtres donné d’en rechercher tous les descendants. Le but  est moins austère que celui d’une généalogie ascendante car, dans ce cas, ce sont des vivants que l’on recherche... mais cette recherche est aussi plus compliquée et plus aléatoire : on ne peut jamais être certain que le nombre d’enfants que l’on a trouvé pour chaque couple est exhaustif. Il ne faut pas partir d’un couple d’ancêtres trop éloigné car plus on s’éloigne, plus le nombre de descendants est important et on se retrouve avec une foule de renseignements difficiles à gérer.

Ce type de généalogie a également ses systèmes de numérotation. Le plus employé est celui de la numérotation d’Aboville. Elle consiste à donner le n° 1 au couple initial, leurs enfants, suivant leur ordre de naissance portent les n° 1.1, 1.2, 1.3 etc. Les enfants du n° 1.1 portent les n° 1.1.1, 1.1.2, 1.1.3 et ainsi de suite. Lorsque des enfants sont issus de lits différents, on ajoute une lettre de l'alphabet par lit : a pour le premier, b pour le second...

La généalogie descendante se présente ainsi, chaque décalage vers la droite représentant une génération. :

 1. Ancêtre d’origine

x 1ère épouse (a)

xx 2e épouse (b)

                1.1a 1er enfant du premier lit de 1.

                1.2a 2e enfant du premier lit de 1.

                               1.2a.1 1er enfant de 1.2a

                               1.2a.2 2e enfant de 1.2a

                               x son épouse ou époux

                                               1.2a.2.1. 1er enfant de 1.2a.2.

                1.3b 1er enfant du second lit de 1.

  Comment classer vos recherches.

Pour les personnes non informatisées, une seule solution : le papier. Lors de vos recherches dans les registres notez vos trouvailles sur un cahier plutôt que sur des feuilles volantes. Reportez-les ensuite sur des fiches établies par couple en indiquant toutes les données récoltées sur les actes. Numérotez ces fiches suivant la numérotation SS (Sosa/Stradonitz). Pour vous y retrouver ou pour vous munir d’un « pense bête » pour vos déplacements en mairie ou aux A.D., vous pouvez établir des petits tableaux d’ascendance partiels de 4 ou 5 générations ou établir une liste d’ascendance complète, qui prend moins de place, mais toujours avec la numérotation SS.

 Pour les personnes informatisées, le mieux est de se procurer un logiciel de généalogie. Il suffit juste de rentrer les données et le logiciel gère la numérotation (ascendante et descendante), la confection d’arbres et de listes d’ascendance ou de descendance. Le logiciel détecte les anomalies et vous en avertit ; exemple : une personne se marie à 2 ans ou décède à -12 ans… Vous pouvez y intégrer des photos de famille ou d’actes des registres etc.

Il existe plusieurs logiciels sur le marché, il y en a même des gratuits à télécharger, mais il est important de choisir un logiciel qui ne soit pas limité en nombre d’individus car une généalogie ascendante complète comporte environ 3000 individus en ne comptant que les ascendants directs. Il faut également que ce logiciel possède la possibilité d’exporter un fichier GEDCOM. Il s’agit d’un type de fichier de généalogie universel qui peut être lu par tous les logiciels de généalogie qui possèdent cette fonction ; c’est très pratique pour envoyer une partie de votre généalogie à un cousin et surtout pour sauvegarder vos données si, par exemple, vous décidez de changer de logiciel.

En France, les logiciels les plus utilisés sont GENEATIQUE et HEREDIS, nous ne pouvons vous conseiller l’un ou l’autre, chacun d’eux ayant ses adeptes et ses inconditionnels.

Quelques informations, trucs et astuces

Avant de démarrer votre généalogie dans le POHER, il est nécessaire que vous vous imprégniez de quelques notions historiques et géographiques spécifiques. Pour cela, nous vous conseillons de consulter le guide des communes du présent ouvrage ou sur notre site.

● Vous y apprendrez par exemple que sous l’ancien régime Callac n’était que la ville incluse dans Botmel. Pour cette période, c’est donc dans les registres de Botmel que vous devrez chercher. Il en est de même pour Bothoa devenu St-Nicolas-du-Pélem, Burthulet devenu Saint-Servais, Pestivien devenu Bulat-Pestivien, St-Gilles-Gouarec devenu Gouarec etc.La Chapelle-Neuven’existe que depuis 1873, avant il faut chercher dans Plougonver…

Autre exemple : aprèsla Révolution, Bonen, trève de Plouguernével, est érigée en commune pendant un an en englobant le territoire de Locmaria-Gaudin, autre trève de Plouguernével ; de 1792 à 1892, la commune de Bonen est incluse dans celle de Plouguernével ; en 1892 et jusqu’en 1970, Bonen redevient commune indépendante ; en 1970, elle est englobée dans celle de Rostrenen… Si vous n’avez pas suivi, nous résumons pour vous indiquer où chercher les actes concernant Bonen : du début des registres jusqu’à 1791 dans Bonen, de 1792 à 1892 dans Plouguernével, de 1893 à 1970 dans Bonen, depuis 1970 dans Rostrenen ; si on ne sait pas cela, on ne peut pas l’inventer !

 ● A savoir également, du 1er Vendémiaire an VII (22 septembre 1798) au 28 Pluviôse an VIII (17 février 1800), les mariages sont célébrés au chef-lieu de canton. Mais attention la composition des cantons a évolué pendant et aprèsla Révolution, ainsi Saint-Hernin a été chef-lieu de canton de l’an III à l’an VIII et une seule commune en dépendait… Spézet.

 ● Aux débuts des registres paroissiaux, les prêtres n’inscrivaient pas toujours les décès des enfants en bas-âge, ils écrivaient parfois obiit en marge pour indiquer que l’enfant était décédé.

 ● Dans les actes de mariage des registres paroissiaux, vous trouverez parfois indiqué que l’époux ou l’épouse est « mineur(e) décrété(e) de justice par la juridiction de … », cela signifie que la personne est mineure (moins de 25 ans sous l’ancien régime) et orpheline au moins de père. Pour autoriser cette personne à se marier, un conseil de famille était organisé afin de donner son accord. Un décret de justice était alors rédigé par un notaire. Ces actes sont intéressants pour la généalogie car ils indiquent les liens de parenté des personnes présentes avec la personne décrétée de justice. On trouve ces actes dans la série B « Juridictions » des A.D.

 ● Après avoir « écumé » tous les registres d’état-civil et les registres paroissiaux du début à la fin, vous penserez avoir terminé votre généalogie. Il n’en est rien ! Pour remonter plus loin dans le temps, découvrir de nouveaux ancêtres et en connaître un peu plus sur leur vie et leurs coutumes,  vous avez à votre disposition une myriade d’autres sources d’archives. Vous en trouverez la liste et la description au chapitre La recherche dans les archives du  présent ouvrage.